Le Dhikr a été cité quatre vingt trois fois dans le Coran : il comprend la lecture régulière du Coran, la prière sur le Prophète[1] (paix et salut sur lui) et le tasbîh(l’invocation par les différentes formules).

En ce qui concerne l’invocation par les différentes formules dont la plus importante est « Lâ Ilâha illa Allah » on peut citer les versets suivants qui incitent le croyant à invoquer Dieu abondamment :

« Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent (s’apaisent) à l’invocation d’Allah, n’est-ce point par l’invocation d’Allah que se tranquillisent (s’apaisent) les cœurs »[2].

«O, vous qui croyez ! Invoquez Allah d’une façon abondante »[3].

« La prière éloigne l’homme de la turpitude et des actions blâmables, mais l’invocation du nom de Dieu est ce qu’il y a de plus grand »[4].


L’invocation de Dieu (Lâ Ilâha illa Allah) a une importance capitale pour l’aspirant vers Dieu qui souhaite purifier son cœur et atteindre par là le degré d’excellence (Ihsân) : l’invocation aide le croyant à mieux accomplir les actes d’obligation comme la prière rituelle ou le jeûne car il permet d’acquérir une présence avec Dieu et d’atteindre un éveil de la conscience qui éloigne des péchés et des mauvaises pensées : le Dhikr agit en effet sur le cœur en le polissant et en le purifiant.


Le prophète (paix et salut sur lui) dit : « Les cœurs se rouillent comme se rouille le fer ». Un compagnon dit alors : « comment les polir ? », et le prophète (paix et salut sur lui) répondit : « par l’invocation avec la formule « Lâ Ilâha ila Allah » et le rappel de la mort ».

Le parole (Lâ Ilâha ila Allah) était le premier message passé par le prophète Sidna Muhammad (paix et salut sur lui) à sa communauté, il n’y avait pas de prescriptions autre que le Dhikr au début de la communication de l’Islam, car c’est par le biais de l’invocation abondante du Seigneur qu’on L’aime et qu’on obéit par conséquent sans peine à toutes Ses prescriptions. ‘Abdullah Ibn Busr –que Dieu l’agrée- a dit : un homme s’interrogea : « O Messager de Dieu ! Je trouve que les lois divines sont trop nombreuses, indique-moi une à laquelle je m’attache le plus ». Le prophète (paix et salut sur lui) lui répondit : « C’est, que ta langue ne cesse de mentionner Dieu »[5].

Par la mention abondante de Dieu on finira par L’aimer et L’adorer comme Il Se doit, et inversement si on L’aime, on se lassera jamais de Le mentionner.

Et Mu`âd Ibn Jabal a dit suite à ce Hadîth : « Il n’y a pas de chose qui éloigne du châtiment de Dieu autant que l’invocation de Dieu. ».[6]


La mention de Dieu est essentiellement la vie des cœurs :

Abû Mûsâ Al-Ash‘arî -que Dieu l’agrée- a dit : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui invoque Dieu et celui qui ne L’invoque pas, sont comparables au vivant et au mort ».[7]


Abû Mûsâ Al-Ash‘arî -que Dieu l’agrée- a dit : le prophète (paix et salut sur lui) a dit : « La maison où on invoque Allah, et la maison où on n’invoque pas Allah, sont comparables au vivant et au mort »[8].


Un autre Hadîth montre l’importance et la valeur inestimable que Dieu accorde à son serviteur qui l’invoque. C’est un Hadîth rapporté par Abû Hurayra qui rapporte que le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Dieu exalté dit : Je suis tel que Mon serviteur M’estime, et je suis avec lui s’il M’invoque. S’il m’invoque en lui-même, je l’invoque en moi-même, et s’il m’invoque dans une assemblée, je l’invoque dans une assemblée bien meilleure encore…» [9]

 

Notes :

[1] Nul ne peut prétendre aimer le Prophète sans prier sur lui abondamment (car si on aime quelqu’un on ne cesse de l’évoquer) :

« Dieu et Ses Anges bénissent le Prophète. O vous qui avez cru ! Invoquez pour lui (priez sur lui) sans cesse la bénédiction et le salut de Dieu » Sourate al-Ahzâb, 33, verset 56

Selon ‘Umar – que Dieu l’agrée –, le Prophète – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui – a dit : « Chaque supplication est conservée dans le Paradis, et lorsque l’on prie sur moi, la supplication est envoyé [vers Dieu]. » (Tradition rapportée par At-tirmidhî)

Et dans le Hadîth Sahîh de Al-Bukhârî, il est rapporté : « A chaque fois que quelqu’un prie sur moi, Dieu me rend mon âme pour que je lui rende son salut. »

Et il est rapporté aussi :

« A chaque fois que quelqu’un prie sur moi une fois, Dieu prie pour lui 10 fois. »(Tradition rapportée par Al-Bayhaqî)

[2] Coran : Sourate 13, verset : 28.

[3] Coran : Sourate 33, verset : 41.

[4] Coran : Sourate 29, verset : 45.

[5] Rapporté par At-tirmidhî : le Dhikr rend les actes d’adoration plus aisés à accomplir et permet plus de présence avec Dieu dans ces actes.

[6] Hadîth Sahîh, rapporté par Ibn Mâja et At-tirmithî.
[7] Ce bas monde ainsi que tous ce qu’il contient est maudit, sauf l’invocation, ce qui s’y rattache et la science utile (pour celui qui l’apprend et celui qui l’enseigne), nous informe notre bien aimé Prophète (paix et salut sur lui) : Sunan At-tirmithî, le livre du Zuhd.

[8] Tradition rapportée par Al-Bukhârî, Hadîth 2089 (p 872) : le livre des invocations (73): « le sommaire du sahih al-bukhârî » par L’Imam Zein Ed-Dine Ahmed ibn Abdul-Latif A-Zoubaidi (Tome II).

[9] Hadîth rapporté par Al-Bukhûrî et Muslim selon Abû Mûsâ Al-ash‘arî